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Bibiographie d'Anatole Le Braz

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Bibiographie d'Anatole Le Braz

Message  Goulven le 18/4/2013, 12:54

-Certainement une des publications la plus connue d'Anatole Le Braz:"La légende de la mort".

-Tout d'abord voici la version audio,pour celles et ceux qui désireraient l'écouter plutôt que de le lire(ça dure 11h55...)
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-La Légende de la Mort d’Anatole Le Braz, est le fruit d’un long et méthodique travail de collecte des traditions et des légendes de la Bretagne de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, avant que notre monde moderne ne vienne les altérer et les étouffer. Des mystérieux intersignes qui hantent les mémoires des vivants à l’arrivée de l’Ankou qui rythme les longues veillées d’hiver, aux apparitions des anaon (âmes des trépassés), c’est tout le légendaire du monde paysan et du monde maritime qui émerveille ces pages. La Légende de la Mort d’Anatole Le Braz, livre souvent copié mais jamais égalé, est devenu au fil de ses ajouts un des classiques du mystère celtique, grâce aux notes de Georges Dotttin sur les rapports entre les légendes de la Bretagne, de l’Irlandaise, de l’Écosse, du Pays de Galles et de la Cornouailles anglaise.

-Extrait:

La coiffe de la morte

Je ne saurais vous dire au juste combien il y avait de temps de ceci. Toujours est-il que Louis, fils de mon oncle Jean, s’était engagé à fournir quelques milles de paille à un hôtelier de Pontrieux. Cette paille, il l’avait lui même achetée au manoir du Guern, en Servel. Il s’entendit avec les jeunes gens du manoir pour faire le charroi, qui se composa de quatre charrettes. La route est longue de Servel à Pontrieux. Mais les auberges sont nombreuses ; partant, les étapes sont courtes. Nos conveyeurs de paille ne manquèrent pas de chopiner gaiement. Tous jeunes, ils avaient bonne tête et gosier large. A Pontrieux, livraison faite, on acheva la noce; et si, au retour, les charrettes étaient vides, les conducteurs, en revanche, étaient quelque peu pleins.
Tant que dura le jour, ils dirent des folies et chantèrent des chansons. La nuit venant, ils se turent, cheminant silencieux à côté de leurs bêtes. Mais vous savez qu’il n’est pire ivresse que celle qui couve en dedans. Comme nos gens traversaient le bourg de Pommerit, passé la onzième heure, mon cousin Louis s’écria :
- Damné serais-je ! Les filles de Pommerit avaient jadis la réputation d’être de fines danseuses de nuit. Est-ce qu'elles se coucheraient maintenant avec les poules ?
- Gars, tu en as menti, repartit le fils aîné du Guern, car en voici une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, qui dansent, ma foi, fort gentiment au clair de lune !


Il montrait du doigt, dans l’enclos du cimetière qui surplombait la route, des formes noires qui semblaient, en effet, onduler doucement comme des Bretonnes en danse.
- Hé ! lui dit un de ses frères, ce que tu prends pour les danseuses, ce sont les croix des tombes. Tu ne les vois bouger que parce que tu titubes.
- A moins que ce ne soient des touffes de cyprès qui se balancent sur des sépultures de nobles, dit un autre.
- C’est ce que nous allons savoir ! hurla le fils aîné du Guern, en se précipitant sur les marches de l’échalier qu'il enjamba d’un bond.
Quand il reparut, un instant après, il froissait une coiffe blanche dans la main.
- Qui est-ce qui avait raison, clama-t-il... seulement, voilà : l’occasion est perdue ; les jolies oiseaux de nuit se sont envolés.
Ce disant, il fourrait la coiffe dans sa poche.
Tout le long de la route, ensuite, on l’entendit qui se répétait à lui même :
- Petite coiffe de toile fine, qu'il était donc gracieux, le visage que tu encadrais!... La jolie fille, en vérité!.. Je ne souhaite qu'une chose : c’est qu'elle vienne te réclamer au Guern.
Quand les bêtes furent dételées et les charrettes calées dans la cour du manoir, le premier soin de chacun fut de s’en aller coucher. On était abruti de boisson et harassé de fatigue. Le fils aîné lui-même dormait debout,. Cependant il ne gagna son lit qu'après avoir religieusement plié la coiffe dans un coin de son armoire.

Au réveil, ce fut encore à elle qu'il pensa tout d'abord.
En faisant tourner la clef dans l'armoire, il disait, reprenant son refrain de la veille :
- Petite coiffe de toile fine, qu'il était donc gracieux, le visage que tu encadrais!...
Mais le battant ne fut pas plus tôt ouvert, qu'il poussa un cri... un cri de stupeur, d'angoisse, d'épouvante, à vous faire dresser les cheveux sur la tête!
Tout ceux qui étaient dans le logis accoururent.
A la place de la blanche coiffe en toile fine, il y avait une tête de mort.
Et sur la tête, il restait des cheveux, de longs et souples cheveux, qui prouvaient que c'était la tête d'une fille.

Le fils aîné était si pâle qu'il en paraissait vert. Tout à coup, il dit avec colère, tout en faisant mine de rire :
- Ça, c'est un vilain tour que quelqu'un a voulu me jouer. Au diable, cette hure !
Déjà il avançait la main pour saisir la tête et la lancer au dehors. Mais, à ce moment, les mâchoires s’entrouvrirent hideusement, et l'on entendit une voix qui ricanait :
- J'ai fait selon ton désir, jeune homme : je suis venue au Guern, te réclamer ma coiffe. Ce n'est pas ma faute si tu as changé d'avis, depuis hier.

Je vous promets que le fils aîné du Guern ne riait plus, et que la colère lui avait passé, comme s'abat un coup de vent, quand la pluie crève.
Sa mère, qui se tenait derrière lui, le prit par la manche de sa veste.
- Jozon, murmura-t-elle, tu t'es comporté comme un fripon. Tu vas, s'il te plaît, te rendre incontinent au presbytère. Il n'y a que le vieux recteur qui puisse arranger tout ceci.
Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois. Il n'était que trop pressé de sortir de ce mauvais pas.

Une demi-heure après, il amenait le recteur. Le digne prêtre esquissa quelques signes de croix, marmonna quelques paroles latines, puis prenant la tête de mot, il la mit entre les mains du jeune homme.

- Tu vas, commanda-t-il, la rapporter au charnier de Pommerit, d'où elle est venue. Tu l'y déposeras au coup de minuit. Seulement tu auras soin de te faire accompagner d'un enfant non baptisé encore. Gaud Keraudrenn, du hameau voisin, est précisément accouchée la nuit dernière. Rends-toi d'abord chez elle, et prie-la de ma part qu'elle te confie son nouveau-né. Dieu te donne la grâce de réparer ta faute !
Le soir du même jour, Jozon du Guern repartait pour Pommerit, une tête de mort dans une main, un nouveau- né sur l'autre bras.
Par exemple, il ne fredonnait plus :
- petite coiffe de toile fine...

Comme on dit, il n'en menait pas large. Il marchait vite, néanmoins, et, à minuit sonnant, il réintégrait la tête de mort dans le charnier d'où elle était venue.
Sur son bras, le tout petit enfant gémissait, à cause de la fraîcheur, bien qu'il s'efforçât de le bien abriter avec le pan de sa veste.
- Ah ! crièrent en choeur tous les ossements du charnier, tu as eu une fière idée de te faire accompagner de cet enfant ! Sinon que nous n'avons pas le droit de le priver du baptême, tes os et les siens, Jozon du Guern, seraient déjà dispersés parmi les nôtres !

Le lendemain, le jeune homme assista, en qualité de parrain, le nouveau-né de Gaud Keraudrenn sur les fonts baptismaux de Servet.
Mais, rentré chez lui, il ne fit que dépérir. La mort l'avait regardée de trop près. Il ne passa pas l'année.


(Conté par Pierre Simon. - Penvénan, 1889.)

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Le gardien du feu

Message  Goulven le 18/4/2013, 13:30

-"Le gardien du feu"est un petit livre de 120 pages qui conte l'histoire de Goulven(tiens,tiens...)chef-gardien de phare en raz de Sein.

- En cette année 1876, au large des côtes de Bretagne, le phare de Gorlébella dresse sa haute silhouette de pierre en plein Raz de Sein. À cent cinquante pieds au-dessus des eaux, les deux gardiens veillent sur la lanterne. C’est dans cette lugubre tour que va se dérouler le drame, peut-être le plus atroce dont les tragiques annales du Raz aient conservé le souvenir. Voici cette fantastique histoire – d’amour et de mort – de Goulven, le gardien-chef du phare, et de son épouse Adèle, la plus jolie fille de Tréguier. Extraordinaire aventure que celle-là, où les démons du Raz de Sein vont hurler leur colère dans la Baie des Trépassés. Pour l’infidèle et son amant, la vengeance va se révéler terrifiante.

-Résumé :

Rien ne devait rapprocher ces deux êtres : Goulven, le sombre Léonard et Adèle, la belle et insouciante Trégorroise. Et pourtant Goulven se prend d'un amour fou et maladroit pour la jeune qu'il adule sans être capable de la rendre heureuse. Une passion maladive exacerbée par le cadre étouffant d'un phare, au large d'un Cap-Sizun hostile, qui le mène à commettre un crime incroyablement cruel. Pressentant le drame mais maintenu en haleine par l'ingénieux agencement du texte - un rapport-confession -, le lecteur lève progressivement le voile sur un tableau atroce, où la psychologie des personnages pèse comme une fatalité. Un siècle après sa première parution, Le Gardien du feu reste étonnamment puissant et d'une remarquable justesse psychologique. Le commentaire d'Anatole Rivoallan sur ce livre et son auteur est édifiant : " Romancier ? Il en avait tous les dons : il en a fourni la démonstration éclatante dans cet extraordinaire Gardien du feu que j'ai relu tout récemment d'une seule haleine, en m'émerveillant à chaque page de l'ingénieux agencement, de la profonde psychologie, de la vraisemblance constamment assurée qui en font un véritable chef-d'oeuvre. " " Anatole Le Braz (1859-1926) reste sans doute, de tous les écrivains bretons sans exception, celui qui a le plus intimement pénétré tous les secrets de l'âme bretonne. " Cette citation d'Anatole Rivoallan semble parfaitement définir la finesse d'écriture et de perception dont a fait preuve Anatole Le Braz à travers toute son oeuvre. Romancier, poète, conteur, conférencier, il a su laisser la parole aux " grandes voix éternelles du vent, de la mer, de la forêt et de la légende ".

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